Le ciel leur est tombé sur la tète

Tandis que les gilets jaunes arpentaient l’asphalte et occupaient les ronds-points, l’écologie politique souffrait car il était question d’abord du pouvoir d’achat et de la hausse de la taxe sur les produits pétroliers imaginée pour inciter la population à changer de mode de vie en abandonnant l’usage de l’automobile à moteur thermique. Après un bras de fer de plusieurs semaines la décision de revenir en arrière a été prise et on comprend l’embarras des « croyants » : « sur l’écologie, Macron devra clarifier sa position » déclare ainsi la Maire de Paris, disant haut et fort ce que beaucoup pensent.

Eux qui depuis des années estimaient connaitre le « bien » et qui propageaient à la fois une doctrine et les mesures associées, se retrouvent devant les réalités : on regarde la fin du mois avant de s’interroger sur la fin du monde. Le ciel leur est tombé sur la tête, la population, ou du moins certains d’entre eux, refusent de rentrer en religion et se rapprochent du mal en oubliant « l’urgence climatique » qui va nous précipiter dans le néant. De pétition en pétition on essaie de ramener le peuple près des tabernacles, mais rien n’y fait, les mécréants continuent à vouloir consommer, se déplacer en voiture et se nourrir.

Les arguments employés par la religion nouvelle, celle de l’écologie politique, repose à la fois sur une mauvaise appréhension de la science et une incompréhension profonde de ce qu’est la planète, celle des peuples .

La science d’abord.

Pour tous ces idéologues il y a une unanimité des scientifiques sur le changement climatique et surtout sur les mesures à prendre pour l’enrayer et les conséquences désastreuses d’un laisser-faire.  Et pourtant il n’y a pas, il n’y aura jamais unanimité de la « communauté scientifique », car ce serait la négation de la science elle-même .Beaucoup de scientifiques reconnus aujourd’hui ont dû batailler très dur contre leurs collègues toute leur vie pour faire valoir leurs théories et leurs résultats. L’avancée des connaissances ne se fait pas par vote majoritaire.

Mais ce n’est pas la peine de faire du catastrophisme climatique pour étudier la manière de tempérer l’appétit de l’humanité à détruire pour consommer plus, par conséquent on peut être écologiste, soucieux de l’environnement, acteur de la protection de la nature et ne pas adhérer à la religion des peurs. Ce sont d’ailleurs ceux qui crient le plus qui ont le comportement le plus débile en termes de respect de l’environnement. Ceux dont le métier exige qu’ils prennent souvent l’avion sont aussi ceux qui voudraient régenter les déplacements domicile-travail des banlieusards et leurs habitudes alimentaires. A cet égard la pétition « affaire du siècle » comme celle du « lundi vert » frisent le ridicule ! Les grandes envolées lyriques sur la « transition écologique » butent sur des réalités concrètes, la science ne dit pas ce que l’on proclame en son nom. Non seulement il n’y a pas unanimité, mais très peu de scientifiques recommandent  les mesures qui sont préconisées .

Par exemple les esprits sont tellement dérangés  qu’on en vient à confondre lutte contre la pollution des villes et lutte contre le changement climatique ! Il est facilement démontrable que l’on peut très bien limiter la pollution des villes en augmentant la pollution des campagnes en aggravant le bilan carbone national. Et dans les grandes villes mondiales, pas seulement Paris, les responsables » pollution » se déclarent responsables «climat », cela fait plus chic, mais c’est faux ! Absurde absolument, mais très actuel et très déprimant pour tous ceux qui veulent protéger efficacement notre environnement, et pour tous les professeurs de physique-chimie qui avaient cru bien enseigner !

Mais il y a plus grave encore, la croisade contre les fossiles qui voudrait les éradiquer rapidement et définitivement. Les matières organiques (le vivant !) accumulées pendant des millions d’années et exploitées depuis quelques décades à partir des mines de charbon et des puits de pétrole et de gaz sont à la fois des pourvoyeurs d’énergie et de produits industriels. D’un point de vue scientifique le problème n’est pas leur existence, mais le fait que leur utilisation envoie du carbone dans l’atmosphère et que beaucoup des produits finis conduisent à des déchets non dégradables naturellement. Plutôt que de se satisfaire d’un anathème global contre les « énergies fossiles », essayons de modérer leurs effets nocifs. On a cherché à réduire drastiquement la consommation des véhicules, voitures, bateaux, avions, on a amélioré les rendements des centres de transformation, et il y a encore beaucoup d’efforts à accomplir. La croisade actuelle contre le charbon retarde dans certains pays la transformation nécessaire des centrales à charbon à mauvais rendement et surtout freine  la disparition des foyers individuels extrêmement polluants. La lutte contre le diesel en France a conduit à une augmentation du carbone rejeté… Les mesures préconisées ont ainsi souvent eu l’effet inverse de celui escompté !

Enfin, sur le plan scientifique toujours, ce sont les centrales nucléaires qui ont le meilleur bilan carbone pour la production électrique et on finit, après les avoir vilipendé pour des raisons religieuses idéologiques par y revenir en révélant que c’est la seule possibilité pour ne pas s’éloigner des objectifs carbone mondiaux !

En d’autres termes, la science est loin, très loin de dire et de professer un type de conduite unique qui serait le bien, mais il est clair que le gaspillage dans un contexte d’augmentation de la population mondiale nous envoie collectivement dans le mur avec comme perspectives des déplacements immenses de populations, des guerres civiles et sans doute des guerres tout court. L’urgence est donc bien là , mais cela ne conduit pas aux « lundis verts » et autres amusettes, mais à une prise de conscience des nécessités du développement durable en utilisant les techniques modernes qui permettent de concevoir des matériels aux durées de vie augmentées en améliorant tout au long de leur vie les performances. Nous marchons vers un nouveau monde, pas à pas, avec la science, la technique, l’industrie mais il n’y a pas de recettes évidentes en particulier celles que préconisent les politiciens actuels.  La marche forcée avec des subventions ahurissantes vers des fermes d’énergies renouvelables couvrant une partie des territoires de nations surpeuplées est contraire à tout raisonnement scientifique. Il y a une place pour le solaire, l’éolien, la méthanisation, la géothermie…mais dans un mix énergétique étudié avec soin dans l’intérêt des citoyens, des contribuables et des consommateurs. Toute intermittence est pénalisante, toute solution a un prix, et la population vient d’exprimer sa préoccupation : disposer d’une énergie abondante, sure et bon marché. Il est clair que la bonne méthode à court terme serait, au moins , d’abandonner les projets français d’éoliennes en mer qui accumulent  les aspects négatifs.

En concluant sur la science je pense à toutes les approximations et contre-vérités sur le nucléaire, les morts dues au diesel, l’existence de transports »non polluants », les emplois créés avec la transition écologique, les lobbies qui organiseraient un scandale  sanitaire à partir de la chimie pire que celui de l’amiante…l’électricité 100% verte distribuée par des réseaux alimentés à 75% par les centrales nucléaires…tout ce dont on nous rabat les oreilles.

La planète ensuite.

Il y a 7 milliards d’individus et plus chaque jour et notre problème est de savoir si nous allons pouvoir continuer dans cette course du siècle. Cela c’est effectivement « l’affaire du siècle » et les réponses ne sont pas simples. Nous avons réussi avec la science et une certaine mondialisation à augmenter l’espérance de vie, certains pays n’arrivent plus à gérer les surpopulations qui résultent de ces progrès puisqu’ils n’ont pas réduit leur natalité. Il faut donc produire plus, satisfaire plus et maintenir les grands équilibres. L’observation actuelle c’est que nous avons collectivement échoué, les conflits se multiplient, les exodes aussi, les cultures s’entrechoquent, nous nous enfonçons dans le chaos dans un grand nombre de régions du monde. Pour toutes ces populations qui sont en déséquilibre actuel ou potentiel continuer à crier que la priorité est le changement climatique est inaudible. Ils veulent vivre ! Et contrairement à ce que l’on raconte tous les jours dans nos pays développés, ce n’est pas le « réchauffement climatique » qui suscite leurs angoisses, ce sont les nécessités de la vie quotidienne, en particulier la nourriture et la santé.

Nous sommes nombreux à avoir visité ces pays aux troubles permanents où la vie est devenue impossible, et notre idée est que l’éducation est essentielle et  qu’elle passe par un accès à l’énergie. Comme il y a du soleil dans un grand nombre des pays dont je parle (en oubliant les saisons des pluies, des tornades, des cyclones …) les tenants de la religion du bien ont voulu leur apporter les solutions intermittentes de l’énergie solaire comme le bien ultime que pouvait leur apporter l’humanité bienfaitrice, la « charité » de nos ancêtres bourgeois pour les pauvres. Cette solution est une erreur, ils se  sont trompés et ont financé des programmes qui n’ont pas résolu les problèmes . Il faut laisser faire les peuples, c’est-à-dire utiliser leurs ressources énergétiques même si c’est le « mal », c’est-à-dire le charbon, le gaz ou le pétrole, autant dire qu’il faut leur laisser faire ce qui nous a réussi ! Voilà la planète des peuples  telle qu’elle existe, diversifiée où chaque collectivité a SA solution à trouver pour résoudre son problème à partir des techniques que nous pouvons leur apporter . Par conséquent subordonner notre aide de pays développés à la « verdeur » des installations qu’ils envisagent c’est les condamner et nous condamner à la poursuite des exodes et plus tard des guerres sur nos sols. Cette idée que nous « savons » et qu’il ne faut pas qu’ils commettent nos erreurs est une faute lourde que tous ensemble nous allons payer très cher. Apportons leur l’énergie dont ils ont besoin, vite : pour certains centrales à charbon en faisant disparaitre l’utilisation du charbon individuel, pour d’autres centrales à gaz, …et pour d’autres mélange avec solaire, éolien et géothermie.

Le ciel leur est tombé sur la tête. Je voudrais les faire réfléchir à partir d’un propos d’un grand scientifique et médecin français, le professeur Jean-Paul Escande  » les humains sont avant tout des créatures qui veulent choisir leur avenir et pas qu’on le leur impose , ils veulent pouvoir, aussi librement que possible, choisir entre diverses possibilités d’avenir que leur offre la société »

2 Comments on “Le ciel leur est tombé sur la tète”

  1. Merci de rappeler les vrais enjeux mondiaux et locaux. S’il faut effectivement agir pour l’écologie, ce ne peut être que sur le long terme, et progressivement : tout le reste relève d’une forme de dictature culpabilisante suspecte. Le mouvement actuel en France rappelle vite que les préoccupations vertueuses sur l’environnement (ou la philosophie malheureusement) ne font pas le poids face aux besoins de mieux vivre, chacun à sa manière, des hommes.

  2. Bonjour,
    Merci pour ce texte roboratif, plein de bon sens et qui me réchauffe le coeur, pour le géographe que je suis, donc grand admirateur du regretté Marcel Leroux, un vrai climatologue, lui ! Par contre, quand vous écrivez « certains pays n’arrivent plus à gérer les surpopulations qui résultent de ces progrès puisqu’ils n’ont pas réduit leur natalité », vous faites erreur. Voyez les statistiques démographiques mondiales publiées entre autres, par l’INED. Tous les pays du monde ont fait (les pays dits »vieux »), font (les « émergents ») ou commencent (les pays d’Afrique subsaharienne) leur transition démographique qui les conduit d’un équilibre haut, quand la forte mortalité infantile est compensée par une forte natalité, à un équilibre bas, avec faibles natalité et mortalité, effondrement de la mortalité infantile et allongement de l’espérance de vie. Cela est dû grâce aux progrès techniques qui se diffusent dans le monde depuis le début de la révolution industrielle en Angleterre au XVIII° siècle. Les XIX° et XX° siècles ont connu une explosion démographique sans précédent qui est en train de ralentir. La population de la Terre se stabilisera autour de 9 à 9,5 milliards d’habitants quand tous les pays seront à un équilibre bas. Les pays, ou plutôt les régions, qui ne réduisent pas leur natalité sont des pays en guerre (Sud Soudan, par ex.), très pauvres (régions pauvres de pays comme l’Ouganda, le Mali, etc.) ou dans des situations politiques d’encerclement vécu, comme les territoires palestiniens. ce sont des exceptions. En 1975, P. Ramade dans son traité d’écologie prévoyait 7,5 milliards d’habitants en 2000, alors que ce chiffre est atteint 20 ans plus tard. L’Afrique se nourrit mieux aujourd’hui avec plus d’un milliard d’habitants qu’elle ne se nourrissait il y a 50 ans avec moins de la moitié de personnes !
    Donc, laissons aux peuples la paix et la liberté et l’humanité pourra se nourrir sans problèmes, grâce aux progrès techniques, à une science retrouvée, loin des Khmers verts qui l’empoisonnent et aux savoir faire ancestraux que les sociétés humaines ont développé, chacune sur son bout de planète.

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