Les mirages de l’éolien off-shore

Les écologistes et les politiciens ont poussé l’expérimentation des éoliennes off-shore, mais on aurait du mal à trouver un bilan économique de l’opération. Les pays scandinaves continuent à estimer qu’une part de leur autonomie en dépend, mais c’est surtout sur les iles que cette théorie trouve des points d’application, les Allemands ont réalisé des implantations le long de leurs côtes venteuses , et on sait que leurs compagnies électriques sont gravement déstabilisées et que le marché européen de l’énergie électrique est devenu un chaos à cause de l’abus des subventions aux énergies renouvelables …Tout ceci a été réalisé sur la base d’un prix garanti pour l’électricité éolienne produite de l’ordre de trois fois de celui issu de l’énergie thermique (gaz ou charbon) .

Pour ne pas être en reste, nos gouvernants hexagonaux, de droite puis de gauche, se sont mobilisés pour réaliser six champs éoliens off-shore dont les appels d’offres ont été attribués au cours de cette législature . Aucun industriel n’a souhaité spontanément s’engager dans cette aventure , mais les gouvernements les ont fortement incités à répondre aux appels d’offres avec des prix impossibles à oublier , quatre fois ceux de l’équivalent thermique (gaz par exemple) ! Ce sont les entreprises liées à l’Etat qui ont répondu , EDF, AREVA, ENGIE et enfin ALSTOM qui vivait des contrats des précédents .

Dans la situation où nous sommes désormais , ne faudrait-il pas réfléchir avant d’aller plus loin ? Sommes-nous en mesure aujourd’hui de demander au contribuable et au consommateur de subventionner des prototypes en grand nombre pour , soi-disant, sauver notre industrie ? Ne serait-ce pas l’heure de faire montre d’un peu de pragmatisme sur un programme pharaonique où tous les interlocuteurs connaissent des difficultés ou des évolutions stratégiques majeures .

AREVA qui avait été retenue pour trois champs et qui s’installait sur un polder en rade de Brest , a fusionné avec l’espagnol Gamesa qui a été racheté par l’Allemand Siemens … Il se trouve que Siemens est le maitre d’œuvre du programme allemand qui pose tant de problèmes à l’Europe électrique , on pourrait lui demander un bilan de l’expérience allemande et connaitre son point de vue sur les vents …en baie de Saint-Brieuc dans les Cotes d’Armor , non ? Ce ne serait pas idiot , au moins ils sont experts ! On pourrait ainsi savoir si le programme envisagé par AREVA a un sens , et tout le monde pourrait faire des économies ! Pourquoi payer plus en France qu’en Allemagne , et est-il nécessaire de faire les mêmes erreurs …ou d’autres .

Ainsi , dans la mesure où les entreprises allemandes RWE et EON connaissent des difficultés , on pourrait , peut-être ,éviter la faillite d’EDF et ENGIE , leurs équivalents dans notre pays …pas bête, non !

Quant au dernier industriel concerné , Alstom , qui s’est installé à Saint-Nazaire et qui a été retenu pour trois autres champs , il a changé du tout au tout ! Hier indépendant et avec comme actionnaire de référence Bouygues , son département énergie a été désormais absorbé par l’Américain General Electric qui n’a jamais fait non plus d’éolien off-shore ! On a donc maintenant un industriel des USA qui manque d’enthousiasme sur le sujet mais qui constate qu’on lui fait un pont d’or pour poursuivre !

Le contribuable et le consommateur français est-il là pour subventionner l’industrie allemande et américaine et réaliser des outils qui vont déstabiliser EDF et ENGIE ? Il me semble que cela mérite réflexion .

L’éolien on -shore que nous voyons tous les jours dans nos campagnes pose déjà des problèmes d’intermittence et de pollution visuelle, son économie est clairement couteuse et son bilan écologique est rien moins que clair . On complexifie tout avec l’off-shore , production des outils , construction en mer , maintenance et , bien sûr, corrosion . Les premières éoliennes fonctionnant en France font faire l’objet , au bout de dix ans, d’un programme de rénovation dont on ignore le cout . Le bilan de cette expérimentation qui a vu une importation considérable  de matériel est déjà ruineux pour notre pays , nous avons des installateurs mais pas encore d’industriels . A-t-on encore le droit de poser des questions même s’il s’agit d’énergies renouvelables   ? Peut-on douter de l’intérêt de ce qui a été fait et demander des comptes ?

Et avant de s’engager dans six champs avec des sociétés étrangères pourrait-on savoir vraiment combien ça coute puisque nous savons déjà qui paie ! Le contribuable-consommateur .

Je sais combien mes propos vont jeter le trouble à Brest (AREVA-GAMESA) et à Saint-Nazaire (Alstom-General Electric ) , mais n’est-ce pas mieux maintenant que demain avec des faillites retentissantes ? On doit faire notre examen sur nos éoliennes on-shore , demander à Siemens un exposé sur les leurs off-shore en Allemagne , et attendre que le marché de l’électricité soit calmé .

En attendant nous savons que le stockage de l’électricité est le point de passage obligé pour que cette filière puisse avoir une chance de rivaliser avec les énergies fossiles , alors favorisons les programmes de recherche et développement dans cette direction .

2 Comments on “Les mirages de l’éolien off-shore”

  1. Cher Président,

    Vous croisant avant hier par le hasard de cette vie qui passe mais ne lasse toujours pas ! je me souviens de ces quelques belles années et de vos visites à Caracas entre pre-revolution et couvre feu..pauvre Venezuela qui rejoint le Zimbabwe dans un désastre inimaginable .

    Je serais heureux d’en parler avec vous un jour prochain..

    Avec mon meilleur souvenir

    Noël Simoneau 

    0609616912

     

    Envoyé depuis mon smartphone Samsung Galaxy.

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